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Réalisé dans le cadre du TPE 2009/2010  
 
   

b. Limites

Ce projet a donné lieu à de nombreuses critiques. Le cout de ce projet semble excessif par rapport à d’autres solutions envisageables. De plus la réalisation des digues implique un aplanissement des fonds marins nécessaire à la réalisation de ce type de digues. Cet aplanissement entrainera une destruction de la flore océanique dont les répercussions sont inconnues.
Les habitants sont aussi inquiets à propos des couts de maintenance car ils seraient amenés à les payer via leurs impôts. En outre le consortium qui a crée le projet M.O.S.E n’en a la charge que les 3 premières années. Cela signifie que tout les dégâts ayant lieu au delà de 3 ans seront totalement payés par les habitants.

 

                                    Limites  

D’autre propositions ont été suggérées car ces digues ne seraient activées que si le niveau de l’eau dépasse 1,10 m. D’autre part les répercussions environnementales ne sont pas les bienvenues à une époque où l’écologie s’étend.
La lagune est sujette à plusieurs dangers. Il y a tout d’abord l’acqua alta qui cause des dégâts chaque année. Les digues empêcheront l’eau d’entrer mais elles l’empêcheront aussi de sortir ce qui signifie que l’eau usée ne sera pas évacuée dans la mer adriatique et causera plusieurs dégâts écologiques à l’intérieur de la lagune. De plus, le projet pourrait se révéler inutile si la montée des eaux se poursuit de par le fait du réchauffement climatique et de la fonte des glaces.
Bien que la moitié des 4,2 milliards d’euro prévus pour le projet MOSE ait été déjà dépensée dans des travaux  préparatoires (essentiellement pour des digues et des dragages), il manque encore, en 2009, un projet d’exécution d’ensemble pour ce projet dont l’achèvement, initialement prévu pour 2012, a ensuite été reporté au mieux en 2014. En particulier, on n’a pas encore commencé la construction des caissons et des écluses métalliques. Un élément essentiel du projet, les charnières qui fixeront les écluses aux caissons, tout en réglant le débit de l’air comprimé, n’a, en 2009, toujours pas été expérimenté. Il ne le sera pas, d’après la presse, avant la fin de 2010. On peut se demander comment un projet d’une telle importance, mais conçu en fait dans l’improvisation et ne répondant pas aux conditions de gradualité et de réversibilité requises par la loi de 1984, a pu obtenir les autorisations administratives nécessaires en Italie et même, qui plus est, des crédits importants de la part de la Communauté Européenne.
  A ces critiques, des partisans du MOSE avaient répondu que les écluses étaient conçues de manière à empêcher des oscillations importantes.
Le résultat d’ensemble est que le projet MOSE se présente comme une construction inadaptée, très coûteuse et nuisible pour l’environnement. Il sera incapable d’assurer le maintien de l’écologie lagunaire, sans pour autant empêcher les inondations, surtout lorsque l’élévation du niveau marin aura dépassé une trentaine de centimètres. Or, puisque d’après les études les plus récentes l’élévation du niveau de la mer à la fin de ce siècle devrait être comprise entre 50 et 140 cm, avec 80 cm comme valeur la plus plausible, ceci risque de se produire dans quelques décennies seulement.
Une révision du projet MOSE paraît donc nécessaire. Il n’est vraisemblablement pas encore trop tard pour entreprendre une révision drastique de l’ancien projet, issu d’une erreur de départ sur l’évolution prévisible du niveau de la mer et d’une vingtaine d’années de monopole du Consorzio Venezia Nuova. On peut espérer que le gouvernement italien aura ce courage et ne se contentera pas d’un rafistolage de l’ancien projet, qui est aussi obsolète que mal conçu. L’une des possibilités de révision serait de s’orienter provisoirement vers des interventions diffuses, comme celles préconisées par la mairie de Venise. On gagnerait ainsi quelques décennies avec des dépenses limitées, sans cependant résoudre le problème à plus long terme. Une autre possibilité serait de s’orienter dès maintenant vers une construction plus « dure », qui puisse faire face à l’élévation prévisible du niveau de la mer. Le système comprendrait dans un premier temps la possibilité d’ouvertures ou de fermetures au flux de la marée ; le moment venu, le système devrait pouvoir évoluer vers une fermeture définitive, afin d’assurer une séparation solide, continue et étanche entre la lagune et la mer.
Si toutefois le projet MOSE était poursuivi après avoir été modifié dans une version proche de l’actuelle, il deviendra nécessaire, lorsque l’élévation du niveau de la mer aura dépassé une trentaine de centimètres, de démanteler cet ouvrage cyclopéen inutile, pour envisager enfin la construction, à sa place, d’une solide barrière étanche destinée à séparer définitivement Venise et sa lagune de la mer. Une poursuite de la navigation restera encore possible en prévoyant des écluses portuaires, mais l’écologie lagunaire aura déjà été bouleversée par des fermetures de plus en plus fréquentes et prolongées du MOSE; il faudra alors être capable d’éliminer complètement la pollution actuelle et de maîtriser l’évolution écologique pour la faire évoluer vers celle d’un étang littoral composé majoritairement d’eau douce.

 

 

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